Saint-Merry – Son architecture - Fondation Avenir du Patrimoine à Paris

Saint-Merry – Son architecture

Contrairement à d’autres églises parisiennes du XVIe siècle (Saint-Eustache fut commencée en 1532), on ne trouve à Saint-Merry nulle trace d’éléments Renaissance. Sorte d’anachronisme architectural, c’est pourtant cet anachronisme qui donne à l’église Saint-Merry toute son originalité. Saint-Merry est un bel exemple de style gothique flamboyant homogène.

La façade

La façade de style gothique flamboyant comporte trois portails. Le porche central qui a perdu son tympan et son trumeau est surmonté d’un gâble tronqué. Le décor sculpté retient particulièrement l’attention. On y trouve un bestiaire très varié au milieu de représentations de feuillages et de plantes. Les statues des apôtres qui ornaient la façade ont été détruites à la Révolution. Cette façade a été entièrement restaurée en 2014, retrouvant sa merveilleuse qualité.

Le plan de l’église Saint-Merry

Le plan en croix latine est intéressant en ce que le chœur est quasi aussi long que la nef, car destiné à accueillir les chanoines rattachés à l’église. Le transept sépare l’espace intérieur en deux parties à peu près égales, comme dans la cathédrale Notre-Dame. D’ailleurs, Saint-Merry était surnommée « Notre-Dame la petite ». Seul élément dissymétrique du plan : la présence au sud d’un second bas-côté. L’église est voûtée sur croisées d’ogives quadripartites. Les piliers quadrangulaires, composés d’éléments en pierre taillés et assemblés avec précision, représentent des chefs-d’œuvre de stéréotomie. Ils sont dépourvus de chapiteaux. À la croisée du transept, se trouve une magnifique voûte décorée d’enchevêtrements complexes avec une clef pendante.

L’intérieur de l’église est très lumineux grâce à la présence de grandes fenêtres hautes non obstruées par une galerie ou un triforium. Seule présence de sculpture : une frise qui court des deux côtés de la nef à la base des verrières. Y sont insérés Moïse, le roi David, Saint-Pierre et sa clef, Saint-Merry tenant une crosse.

Les vitraux du XVIe siècle

Si l’architecture relève du gothique tardif, les vitraux sont tout à fait dans l’esprit du XVIe siècle par leur caractère historié, les gammes chromatiques utilisées, les décors et costumes des scènes représentées. L’invention de la perspective se fait sentir, avec des arrière-plans architecturaux qui structurent l’espace. Les verriers français étaient d’une qualité extraordinaire. Beaucoup d’innovation : découpe au diamant au lieu de la découpe au fer rouge (beaucoup plus souples et plus complexes), certains détails surprenants, éléments décoratifs découpés sur le verre (double placage qui donne des effets de profondeur), utilisation de nouveaux pigments (jaunes d’argent, verts, rouges avec oxyde de fer), etc.

La chapelle de la Vierge

Elle est achevée en même temps que le chœur en 1552. Elle est encadrée par deux puissants piliers qui soutiennent les ogives et qui impriment un élan vertical marqué à cet espace. Le mur du fond est recouvert par une boiserie (peinte et dorée) qui constitue un socle ; au-dessus et jusqu’aux voûtes, il y a deux très grands vitraux. C’est un ensemble de vitraux parmi les plus complets de l’église et même s’ils ont besoin d’être restaurés, ce sont de pièces artistiques importantes dans la configuration de cet espace. Les murs latéraux prolongent de deux cotés le socle recouvert de boiseries en partie basse, et au-dessus, deux tableaux imposants affirment la composition symétrique.

La chapelle de communion

Ajoutée au XVIIIe siècle, elle offre un bel espace de plan rectangulaire ouvrant par trois arcades gothiques sur le double bas-côté sud. Il est éclairé zénithalement par trois coupoles de forme elliptique percées d’oculi. Ces coupoles, qui constituaient alors une nouveauté technique, assurent une ample luminosité à l’intérieur. Un ordre de pilastres corinthiens rythme les parois de la chapelle. Ici, le classicisme cohabite harmonieusement avec le gothique. Un sol en marbre et des têtes d’angelots dorés au sommet des pilastres complètent le répertoire décoratif. Plusieurs œuvres d’art se trouvent dans cette chapelle. Au-dessus de l’autel au centre, Charles Coypel (1696-1752) a peint « Les disciples d’Emmaüs » (1746). Paul-Ambroise Slodtz a réalisé deux bas-reliefs de grande qualité aux deux extrémités de la chapelle.

Les autres chapelles

Comme la chapelle de la Vierge, elles sont achevées en 1552. On trouve dans la troisième chapelle à gauche du chœur l’œuvre peinte de Théodore Chassériau (1819-1856), « Marie l’Egyptienne » (1843), commande de la Ville de Paris. Dans la chapelle suivante, Amaury Duval a peint « Sainte Philomène » (1844) à la manière ingresque.

Un ensemble de toiles du XVIIIe

Des toiles de Carl Van Loo, Clément Belle, Joseph-Marie Vien, encadrent le seuil du chœur, alors que deux œuvres d’Hyacinthe Collin de Vermont décorent la chapelle de la Vierge.

Par ailleurs, on ne compte plus les expositions qui ont été montées à l’église Saint-Merry dans l’esprit du Centre Pastoral Halles-Beaubourg, souvent en résonnance avec les manifestations du Centre Pompidou, et depuis quelques années dans le cadre de la Nuit Blanche. Une histoire de cette histoire reste à écrire. En attendant, le patrimoine architectural et artistique de l’église Saint-Merry continue à nourrir la foi contemporaine.

 

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