Saint-Merry – Son histoire - Fondation Avenir du Patrimoine à Paris

Saint-Merry – Son histoire

L’église Saint-Merry du nom de Saint-Médéric qui vécut au VIIe siècle, est une des plus intéressantes églises de Paris. Elle doit sa beauté à son architecture, sa façade, son décor intérieur et les œuvres d’art qu’elle offre à voir. Construite dans la première moitié du XVIe siècle, elle a été enrichie et modifiée au cours des siècles suivants. Elle témoigne de l’histoire de la spiritualité et de l’évolution des formes de piété de la Renaissance à nos jours. Elle est aussi un exemple achevé des variations du goût et de la sensibilité esthétique. À ce double titre, elle intéresse aussi bien le visiteur, le croyant que l’historien d’art. Chaque siècle a apporté sa contribution à l’histoire de l’édifice. L’église Saint-Merry a connu deux époques marquantes, la construction au XVIe siècle, puis d’importantes modifications au XVIIIe siècle.

Construite au XVIe siècle…

L’église actuelle a été construite au XVIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne église plusieurs fois rebâtie. Les travaux ont commencé en 1500. La nef est achevée en 1520, le chœur en 1552. L’érection de la tour sud en 1612 clôt les travaux de construction. Pour l’essentiel, Saint-Merry a été reconstruite dans un laps de temps assez bref. Elle montre donc une remarquable unité de style, celui du gothique tardif ou flamboyant. Les vitraux de cette époque ont été réalisés en deux ensembles : ceux de la nef en 1507-1512, et ceux du chœur en 1538 – 1542, déjà soumis à l’influence de la Renaissance.

… modifiée au XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle s’avère décisif dans l’histoire de l’église Saint-Merry à cause des importantes modifications apportées à l’édifice à cette époque.

La chapelle de communion

Entre 1743 et 1745, l’architecte Germain Boffrand (1667-1754) construit au sud de la nef, à l’emplacement d’un ancien charnier, la chapelle dite de communion, pour l’exposition du Saint-Sacrement.

La reprise du chœur

Entre 1751 et 1754, le chœur fut remanié par les frères Slodtz dans un esprit baroque. Les piliers gothiques furent revêtus de marbre et au-dessus de stuc gris et brun violacé imitant des décors de marbre. Les arcs en tiers point furent dissimulés par des arcs cintrés. Cette reprise fut complétée par la gloire en bois doré (1758) qui surmonte le maître-autel. Dans la nef s’ajoute une spectaculaire chaire à prêcher (1759).

C’est aussi l’époque où les chanoines de Saint-Merry, jugeant la lumière filtrée par les vitraux du XVIe insuffisante, font déposer une partie de ceux-ci pour les remplacer par des verrières blanches. Certains des vitraux déposés se trouvent aujourd’hui au musée Vitrail Art Institut of Chicago, et au musée des Beaux-Arts de La Havane.

… restaurée au XIXe siècle

Désaffectée à la Révolution, elle fut restaurée et décorée au XIXe, des sculptures de la façade furent refaites et plusieurs de ses chapelles repeintes par des élèves d’Ingres.

Les grandes orgues de Saint-Merry

Les orgues de Saint-Merry comptent parmi les plus belles et les plus réputées de Paris. De grands compositeurs tels que Lebègue, Dandrieu, Saint-Saëns, ou musicologues comme Norbert Dufourcq et de prestigieux interprètes tels que Marie-Claire Alain, Gaston Litaize, André Marchal, Antoine Reboulot, et plus récemment, Michèle Guyard ont illustré cet instrument. Ces transformations au cours des siècles reflètent l’évolution de la composition musicale et du goût des organistes : aux éléments les plus anciens conservés, on adjoint à chaque époque de nouveaux tuyaux pour de nouvelles sonorités, une mécanique plus performante pour en faciliter le jeu. Les richesses de chaque époque sont réinvesties dans la suivante : c’est la nature même de cet orgue unique, son caractère, son originalité, d’être le fruit de sa longue histoire.

Cette histoire commence au milieu du XVIe siècle. L’église Saint-Merry possédait un orgue posé sur une petite tribune au fond du croisillon sud du transept. En 1647, les facteurs Jean et François de Heman, transfèrent cet orgue dans un grand buffet au-dessus du portail. Cet instrument reçoit un positif dorsal et deux tourelles de 16′ pieds de part et d’autre du buffet. En 1651, il comporte alors 35 jeux répartis sur trois claviers et un pédalier.

Il a été ensuite façonné par trois siècles de facture d’orgue française et demeure le témoin sonore des grands organiers parisiens : François-Henri Clicquot (1781), Aristide Cavallé-Coll (1857), et, plus près de nous, Victor Gonzalez (1947).

Ce sont les organistes de chaque époque qui ont donné l’impulsion : Charles Pillet au XVIIe siècle, Antoine Desprez à la fin du XVIIIe siècle, Camille Saint-Saëns au milieu du XIXe siècle et Norbert Dufourcq pendant une grande partie du XXe siècle : ils le firent bénéficier des progrès techniques de la facture pour le rendre apte à la musique nouvelle.

C’est ce dernier état « historique », témoin unique du grand renouveau de l’orgue au XXe et de l’esthétique « néo-classique », que la commission nationale supérieure des Monuments historiques, cinquième section, a décidé de préserver.

 

Revenir à la page Saint-Merry

© Copyright 2017 Fondation Avenir du Patrimoine à Paris – Sous l'égide de la Fondation Notre Dame – 10, rue du cloître Notre-Dame 75004 Paris – Tél. : +33 1 78 91 91 16 – Mail de contact

Connexion utilisateur