Inauguration de la chapelle Saint-Joseph à Saint-Séverin
Publié le 16 mars 2026
Après la sauvegarde des chapelles Mansart (2018), Sainte-Geneviève (2020-21), Saint-Jean (2021-22), et Saint-Séverin (2022-23), la générosité de plusieurs donateurs et mécènes a permis la restauration de la chapelle Saint-Joseph de l’église Saint-Séverin, décorée par Émile Signol en 1845.
Un maître de la peinture historique
De son vivant, Émile Signol était un artiste de renom et était en outre lauréat du prix de Rome en 1830 en tant que peintre d’histoire à l’âge de 26 ans. Il a par la suite séjourné à la Villa Médicis à Rome où il avait réalisé des portraits de personnalités importantes telles que le compositeur Hector Berlioz avant de revenir à Paris en 1835. Ancien élève de Merry-Joseph Blondel, il reçoit pléthore de commandes royales sous la monarchie de Juillet, ainsi que des commandes ecclésiastiques pour des églises parisiennes, dont notamment Saint-Séverin, Saint-Eustache, ou encore Saint-Sulpice. Ses peintures historiques, en particulier celles représentant des scènes mémorables des croisades, sont exposées dans les salles des Croisades du château de Versailles. Bien qu’il ait vécu à l’époque romantique, son style se rapproche davantage au néoclassique. Durant sa carrière, Signol est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts de Paris en 1860, recevant par la suite un certain nombre de distinctions. Son héritage artistique s’est transmis à des artistes de renom, tels que le peintre Auguste Renoir, dont il était le professeur dès 1862. Son œuvre la plus célèbre, Le Christ et la femme adultère, peinte en 1840, est aujourd’hui exposée au musée du Louvre.
La chapelle Saint-Joseph : un décor exceptionnel
- Rachel éplorée © FAPP centrale
- La fuite en Égypte © FAPP centrale
Les décors de la chapelle Saint-Joseph représentent quatre épisodes, dont deux impliquant la figure de Joseph : sur la paroi de gauche, Rachel éplorée et La fuite en Égypte - et sur la paroi de droite, des Anges adorateurs couronnant Le mariage de la Vierge. À la fin du XIXe siècle, la technique de la peinture à la cire était revenue à la mode. La volonté était d’utiliser une technique avec un rendu mate, comme au Moyen Âge. Signol y apporte un dessin exceptionnel, une parfaite maîtrise des drapés et rendre le toucher velouté. Le degré des détails est exceptionnel, notamment pour La fuite en Égypte où l’on peut même apercevoir la veine sur le front de Joseph.
Des motifs ornementaux, ainsi qu'une voûte étoilée sur fond bleu accompagnent les décors muraux; et une verrière d'Émile Hirsch, élève d'Ingres et de Delacroix, représentant une Adoration des Bergers, a été réalisée en 1876 pour illuminer la chapelle Saint-Joseph. Au demeurant, le donateur de la verrière s'est fait portraiturer sur le vitrail peint.
La chapelle Saint-Joseph : un chantier nécessaire
Avec le temps, on a pu observer un blanchiment général des parois et des quatre voûtains de la chapelle, ainsi qu’un grand nombre d’efflorescences salines qui ont altéré la couche picturale à certains endroits. La chapelle souffrait également d’un encrassement généralisé, ternissant ainsi les peintures depuis 180 ans.
- Le Mariage de la Vierge – avant restauration © Ville de Paris – COARC / Jean-Marc Moser
- Rachel éplorée – avant restauration © Ville de Paris – COARC / Jean-Marc Moser
La peinture était très écaillée, les restauratrices ont dû commencer par une première étape de refixage. Elle est fondamentale pour rétablir au maximum une cohésion entre la couche picturale et le mur en conservant un maximum de la matière originale. La seconde étape, l’étape de nettoyage, a permis d’arriver à un vernis datant des années 1940. En le retirant minutieusement, les restauratrices ont mis à jour les couleurs originelles des œuvres. La dernière étape a permit de combler les lacunes de la couches picturale, puis de procéder aux dernières retouches.
- © FAPP Centrale
- © Ville de Paris – COARC / Jean-Marc Moser
- © FAPP Centrale








