Grâce à vous, Notre-Dame-des-Champs retrouve ses couleurs !

Publié le 28 septembre 2026

Grâce à la mobilisation des donateurs, les restaurations progressent à Notre-Dame-des-Champs : une première campagne s'achève tandis que de nouveaux chantiers s'ouvrent pour préserver ce remarquable décor peint du XIXᵉ siècle.

Grâce à vous, Notre-Dame-des-Champs retrouve ses couleurs !

Il y a un an, l'église Notre-Dame-des-Champs traversait l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. À l'été 2025, deux incendies successifs frappaient ce remarquable édifice du XIXᵉ siècle : le premier détruisait l'ancien orgue de chœur et entraînait d'importants dégâts dus à la fumée et aux eaux d'extinction. Le lendemain, un incendie criminel touchait la chapelle Saint-Joseph, endommageant notamment la toile marouflée Le Repos de la Sainte Famille de Félix-Henri Giacomotti. Au-delà des destructions manifestes, une épaisse couche de suie recouvrait alors l'ensemble des décors peints de l'église.

Face à cette situation, nous lancions un appel à la générosité afin de permettre la sauvegarde de cet ensemble exceptionnel. Vous avez été nombreux à répondre présents. Grâce à votre soutien, les premiers chantiers de restauration se concrétisent aujourd'hui et une nouvelle étape s'ouvre pour Notre-Dame-des-Champs.

Un ensemble décoratif spectaculaire

Édifiée entre 1867 et 1876 dans un quartier Montparnasse alors en plein essor, l'église constitue l'un des ensembles décoratifs les plus cohérents du renouveau de l'art religieux au XIXᵉ siècle.

Son programme iconographique réunit les œuvres de Félix-Henri Giacomotti, François Lafon et surtout de Joseph Aubert, auteur d'un spectaculaire cycle de vingt-deux toiles marouflées consacré à la vie de la Vierge, réalisé sur près de dix-huit années. Peu d'églises parisiennes conservent aujourd'hui un décor d'une telle unité.

Restaurer, conserver, transmettre

Les premiers résultats de cette mobilisation sont désormais visibles. Dans la chapelle du Sacré-Cœur, la restauration de la toile de François Lafon s'est achevée cet été. Après un minutieux nettoyage destiné à éliminer les dépôts de fumée, l'œuvre a retrouvé sa profondeur, sa palette chromatique et toute la finesse de son modelé. Cette intervention a marqué une première étape significative dans la mise en valeur de l'ensemble décoratif de l'église.

Toile marouflée de la chapelle du Sacré-Coeur, après nettoyage © FAPP.

 

Une seconde phase du chantier a ensuite eu lieu dans la nef. Les restaurateurs ont entrepris le nettoyage du cycle monumental d’Aubert, ainsi que des parements en pierre, noircis par les fumées des incendies. Ce travail patient a permis de restituer progressivement la lisibilité du vaste cycle décoratif imaginé au XIXᵉ siècle, tout en assurant la conservation durable des œuvres.

Dans les prochaines semaines, un chantier particulièrement attendu débutera dans la chapelle Saint-Joseph. Gravement touchée par le second incendie, la toile Le Repos de la Sainte Famille de Félix-Henri Giacomotti fera l'objet d'une restauration complète. Les interventions porteront sur le nettoyage de la couche picturale, le retrait des anciens vernis, la consolidation du support, la reprise du marouflage ainsi que la restitution des parties détruites par les flammes.

Les surprises de la restauration 

Comme souvent en restauration du patrimoine, ce chantier réserve également son lot de découvertes. En déposant les boiseries installées après la création de l'œuvre, les restaurateurs ont mis au jour un témoignage demeuré invisible pendant plus d'un siècle : la signature originale de Félix-Henri Giacomotti, entièrement masquée par cet habillage. Tout aussi émouvant, les noms des donateurs qui avaient financé la réalisation de cette toile au XIXᵉ siècle sont eux aussi réapparus, inscrits directement sur l'œuvre, en partie basse. Une redécouverte exceptionnelle, qui rappelle que le mécénat fait partie intégrante de l'histoire de cette église depuis son origine.

Ces découvertes établissent un dialogue saisissant entre les générations. Hier comme aujourd'hui, la sauvegarde du patrimoine repose sur l'engagement de femmes et d'hommes convaincus de la nécessité de transmettre ces œuvres. Les noms retrouvés sous les boiseries témoignent de la générosité de ceux qui ont permis leur création tandis que les restaurations engagées aujourd'hui sont rendues possibles par celle des donateurs qui ont répondu à notre appel après les incendies.

À Notre-Dame-des-Champs, les chantiers redonnent progressivement vie à l'un des plus remarquables ensembles peints du XIXᵉ siècle parisien, tout en poursuivant une chaîne de transmission commencée il y a près de cent cinquante ans. Grâce à votre mobilisation, ce patrimoine exceptionnel retrouve peu à peu son éclat et pourra continuer à être admiré par les générations futures.

#Notre-Dame-des-Champs #Peinture