Premiers travaux à Saint-Jean-Bosco : une dynamique est engagée
Publié le 26 mai 2026
Le début des travaux ouvre une perspective nouvelle : celle d’une redécouverte progressive de l’église, de ses décors et de sa cohérence originelle. Il invite à porter un regard renouvelé sur ce monument encore méconnu, pourtant essentiel dans le paysage patrimonial parisien.
Une étape décisive vient d’être franchie pour l’église Saint-Jean-Bosco : les premiers travaux de restauration ont débuté au niveau du perron. Ce chantier, désormais engagé, marque le point de départ concret d’une campagne plus vaste dédiée à la sauvegarde de cet édifice exceptionnel du XXᵉ siècle.
Situé dans l’axe du clocher-porche, véritable pivot de la composition architecturale, cet espace constitue l’un des éléments les plus emblématiques de l’église. Son nettoyage, sa restauration et sa réhabilitation apparaissent aujourd’hui indispensables pour restituer la force esthétique et symbolique de ce seuil monumental.
- Façade et porche © CDAS.
- Nef © FAPP.
- Façade occidentale © CDAS.
Ce premier chantier témoigne d’une prise de conscience collective et d’un engagement déjà à l’œuvre autour de ce patrimoine. Il constitue un signal fort : celui d’une dynamique enclenchée, qu’il convient désormais d’amplifier.
Un chef-d’œuvre Art déco au cœur de Paris
Édifiée entre 1933 et 1938 par les architectes Dumitru et René Rotter, l’église Saint-Jean-Bosco s’impose comme l’un des rares exemples d’architecture religieuse Art déco à Paris. Conçue dans le cadre des Chantiers du Cardinal, elle incarne une volonté d’innovation et de modernité propre à l’entre-deux-guerres.
- Vitraux de l’atelier Gaudin
- © B.Lodier/CDAS.
L’édifice se distingue par une remarquable unité entre architecture et décor. Structure en béton armé, volumes équilibrés, motifs géométriques, claustras, mosaïques et vitraux composent un ensemble cohérent, pensé comme une véritable « œuvre d’art totale ». Le clocher, qui culmine à plus de 50 mètres, affirme la monumentalité de l’ensemble et inscrit l’église dans le paysage urbain du quartier de Charonne.
Cette singularité lui a valu d’être inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 2011, consacrant son importance dans l’histoire de l’architecture parisienne du XXᵉ siècle.
Un édifice fragilisé par le temps
Derrière cette apparente solidité, l’église présente aujourd’hui des signes de fragilité préoccupants. Les études menées ces dernières années ont révélé des désordres structurels importants : défauts d’étanchéité des toitures, infiltrations d’eau, fissuration des bétons, corrosion des armatures, mais aussi dégradation progressive des vitraux et des décors intérieurs.
- © B.Lodier/CDAS.
Ces altérations, liées à la fois au vieillissement des matériaux et aux interventions passées, affectent non seulement la conservation du bâtiment, mais aussi son usage quotidien. À terme, elles pourraient entraîner des pertes irréversibles, tant sur le plan architectural qu’artistique.
Le porche, dont la restauration vient de débuter, n’est que la partie visible d’un ensemble de problématiques plus larges qui concernent l’ensemble du clos et couvert.
Un chantier global à construire
La restauration de l’église Église Saint-Jean-Bosco s’inscrit dans un programme ambitieux, structuré en plusieurs phases. La priorité est donnée aux toitures et à la façade occidentale, la plus exposée et la plus endommagée, ainsi qu’à la sauvegarde des vitraux et des claustras.
L’objectif est double : stopper durablement les infiltrations et restaurer l’intégrité architecturale de l’édifice, tout en respectant les matériaux et techniques d’origine. Cette approche vise à conserver autant que possible la matière existante, à restituer les finitions d’origine et à garantir la pérennité du monument.
Avec un budget global estimé à plus de 2 millions d’euros, ce chantier représente un enjeu majeur pour la préservation du patrimoine Art déco à Paris.
Poursuivre cette dynamique
Le lancement des travaux du perron constitue une première avancée concrète. Il montre que la restauration est possible, et qu’elle peut être engagée dès lors que les moyens sont réunis. Mais il souligne aussi, en creux, l’ampleur du chemin restant à parcourir.
Pour mener à bien l’ensemble du projet, la mobilisation de tous est aujourd’hui indispensable. Aux côtés des acteurs publics déjà engagés, la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris se mobilise pour accompagner les prochaines étapes en faisant appel à la générosité des particuliers et des entreprises.
Comme souvent dans l’histoire des églises parisiennes, c’est bien la contribution de chacun qui permettra de poursuivre cette œuvre collective.













