Restauration de la chapelle de la Vierge - Eglise Notre-Dame-de-Lorette

Publié le 30 octobre 2020

A la suite d'une infiltration d'eau les peintures ont été fortement endommagées, il était urgent de rendre ses couleurs à la chapelle !

Restauration de la chapelle de la Vierge - Eglise Notre-Dame-de-Lorette
© Charlotte du Genestoux

La chapelle des litanies de la Vierge, est une des quatre grandes chapelles ornées de compositions peintes à même le mur. Décorée dans des couleurs éclatantes dans un style qui emprunte à l’art des maîtres italiens, et plus particulièrement florentins, de l’époque de Fra Angelico, elle témoigne du grand retour de la peinture murale à partir des années 1820 et de son développement sous Louis-Philippe.

Le décor de la chapelle des litanies de la Vierge est commandé en 1832, il sera conçu et commencé en 1835 par le peintre Victor Orsel (1795-1850), il sera achevé en 1854 par Alphonse Périn, disciple et ami du maître.

 

Occulus de la chapelle de la Vierge - Notre-Dame-de-Lorette

 © Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Le peintre puise ses sujets dans les litanies de la Vierge, il déploie du sol à la coupole un ensemble exceptionnel de scènes narratives et riches en détails symboliques. Orsel le prépare en exécutant de nombreux dessins préparatoires, une maquette et en développant par écrit ses idées. L’ensemble est peint à la cire, procédé audacieux et qui fait alors l’objet de recherches passionnées, dont le rendu mat convient mieux à la volonté du peintre de retrouver une « peinture simple, tempérée, ayant de la lumière et de la beauté calme ». Des analyses de cette peinture à la cire froide ont permis de révéler qu’elle est composée de : pigments, de cire d’abeille, de résine de conifère et d’huile végétale. Les peintures avaient été fortement altérées par une infiltration d’eau au niveau de l’oculus et de très nombreux papiers Japon avaient été posés sur les zones endommagées afin de préserver la couche picturale qui se soulevait.

 

Restaurateur intervenant sur une des peintures murales

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Afin que la restauration de cette chapelle puisse démarrer, certaines conditions devaient être réunies :

    • Etanchéité de la coupole,
    • Etude préalable,
    • Eglise inscrite dans le PIM avec une enveloppe budgétaire dédiée à l’édifice,
    • Equipe de restaurateurs spécialisés.

 

C’est ainsi qu’à l’automne 2019 la restauration a pu commencer.

 

L’étude préalable constitue la première étape. Elle a pour objet de comprendre la technique de l’artiste et d’identifier les altérations et leurs causes. Elle a permis de mettre en place un protocole de conservation et de restauration adapté aux altérations tout en respectant la technique du peintre.

 

L’église Notre-Dame-de-Lorette étant classée aux Monuments Historiques, il faut ensuite demander une autorisation de travaux à la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Celle-ci a donné son accord à la lecture de l’étude préalable car elle valide, notamment, les protocoles de nettoyage.

 

La 3ème étape consiste à faire des recherches ciblées. Dans le cas présent, il importait de trouver les dessins préparatoires pour pouvoir procéder à des restitutions et trouver des photographies anciennes pour revenir aux figures d’origine. En effet, sur ce décor, se trouvaient des zones lacunaires et des repeints disgracieux. Fort heureusement, Victor Orsel avait réalisé des dessins préparatoires de la chapelle qui se trouvent dans des collections muséales et privées.

 

La 4ème et dernière phase était celle de la restauration. Dans un premier temps les restauratrices ont étudié la technique de l’artiste par des observations à l’œil nu, sous lunette loupe et sous différents éclairages. Elles ont également effectué des prélèvements de peinture, qui ont été envoyés pour analyse à des laboratoires. Ces analyses ont permis d’obtenir la composition de la peinture à la cire froide qui fut utilisée (pigments, cire d’abeille, résine de conifère et huile végétale).

 

La chapelle avait été victime de deux types de dégradations :

  • Dégradations affectant l’état de conservation des peintures
  • Dégradations affectant l’état de présentation des peintures

 

Interventions de conservation

 

L’équipe a décollé les anciens papiers de protection (papier japon), a refixé, consolidé, déposé et reposé les fragments tout en conservant au maximum la matière originale.

Elles ont ensuite procédé au décrassage de l’ensemble des peintures murales avant de retirer les couches de vernis et certains repeints disgracieux.

 

Décrassage des peintures murales

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Retrait des vernis

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Il y eut ensuite le masticage des lacunes ainsi que la retouche de ces dernières et des usures.

 

Reine des cieux en cours de restauration

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Interventions de présentation

 

Grâce à la documentation très riche sur les peintures et détails de cette chapelle, l’équipe de restauratrices a pu reprendre les repeints (interventions réalisées lors des précédentes restaurations) qui étaient bien de la qualité des peintures d’Orsel. La figure de l’Hérésie, qui avait en grande partie été mangée par les sels, a été restituée grâce au dessin préparatoire grandeur nature qui a été décalqué et reporté sur le mur.

 

Repeint disgracieux

 

Repeint disgracieux

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Peinture disparue

 

Peinture disparue

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Dessein préparatoire de Victor Orsel

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

Peinture retrouvée

© Ville de Paris-COARC-Jean-Marc Moser

 

En septembre 2019, la Ville de Paris a lancé le chantier de restauration des parties hautes de la chapelle. Ne disposant pas des fonds pour la partie basse, elle a sollicité la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris afin de trouver les financements nécessaires à une restauration intégrale. Sans ces fonds complémentaires, les échafaudages auraient été démontés, découvrant une chapelle à moitié restaurée.

 

Les donateurs réguliers de la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris et les 354 mécènes de la campagne de financement participatif ont permis de financer à hauteur de 127 000 € la seconde phase de ces travaux qui s’achèvera en décembre. La Région Ile-de-France apporte quant à elle un soutien de 19 166 € via la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris. Le budget total HT de cette restauration s’élève à près de 450 000 €, les mécénats apportés par la Fondation représentent 32,5% du budget HT de ce chantier, soit 146 166 €.

 

 

Avec le soutien de

Logo Région IdF

 

Un grand merci à la Ville de Paris, maître d’ouvrage de cette opération, pour les échanges constructifs et la documentation transmise tout au long du projet. Et une mention toute particulière à Pauline Duée, conservatrice à la COARC, pour sa disponibilité et son implication dans le projet.

 

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