Restaurations de l’église Saint-Pierre de Chaillot (XVIe)

Publié le 4 décembre 2020

L’église Saint-Pierre de Chaillot a besoin d’être restaurée afin de rayonner à nouveau dans le quartier du triangle d’or de Paris

Restaurations de l’église Saint-Pierre de Chaillot (XVIe)
G. Vellut

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Bâtie en 1938 au cœur du triangle d’Or parisien, l’église Saint-Pierre de Chaillot est en forme de croix grecque, dominée par cinq coupoles et un clocher. La façade et le clocher sont en pierre, tandis que l’église est en béton armé. Le tout donne au visiteur, selon l’intention de l’architecte, une impression de grandeur, de simplicité et de recueillement. L’église Saint-Pierre de Chaillot recèle des trésors artistiques du style Art déco.

 

Façade de l'église Saint-Pierre de Chaillot

© Jacques Ollier

 

Aujourd’hui, l’église a besoin d’être restaurée afin de rayonner à nouveau dans le quartier du triangle d’or de Paris. Ces restaurations sont menées par la Conservation des œuvres d'art religieuses et civiles (COARC) de la Ville de Paris.

 

Présentation de la COARC et de son rôle

 

La Ville de Paris est propriétaire de 96 édifices cultuels datant, dans leur grande majorité, d’avant la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905.

 

La COARC a trois missions principales :

 

  • Étudier et inventorier le patrimoine religieux dans les lieux de culte et les statues présentes dans l’espace public. Cette étape est indispensable car permet de dresser un état sanitaire des œuvres, avant de programmer une éventuelle restauration.
  • Conserver et restaurer ce patrimoine. En dehors des traitements d’urgence, des ensembles décoratifs (ensembles mobiliers, groupes sculptés, etc.) sont régulièrement restaurés par des spécialistes.
  • Diffuser la connaissance par le biais d’expositions, regroupant des œuvres se trouvant dans ces édifices cultuels.

 

L’action de la COARC est donc menée majoritairement dans des édifices antérieurs à 1905, à l’exception de 5 d’entre eux dont l’église Saint-Pierre de Chaillot, et est limitée aux objets immeubles par nature dans ces 5 églises.

 

Conservation et restauration des vitraux Mauméjean

 

Issu d'une lignée de maîtres verriers gascons sur trois générations, de renommée internationale, Charles Mauméjean, dont le style est résolument moderne, réalise les mosaïques ainsi que les vitraux à motifs géométriques et oculi. Les Mauméjean ont fondé un véritable empire industriel dans un métier resté artisanal.

 

Atelier et vitraux Mauméjean

© Emma Isingrini-Groult

 

Les immenses vitraux Mauméjean du chœur ont été endommagés par l’humidité à leur surface, ce qui a notamment altéré les peintures à froid, qui en viennent à tomber. Les vitraux présentent également des dépôts très importants et épais qui obscurcissent les verres et participent à l’altération des peintures. A ce jour, une seule des quatre baies a pu être restaurée, faute de fonds suffisants. Il faut donc qu’ils le soient tous les quatre afin de compléter l’harmonie du chœur et de prévenir tout risque de dégradation supplémentaire.

 

Ces trois merveilleuses baies pourront retrouver, grâce au mécénat, leurs couleurs éclatantes d’origine et être protégées durablement de l’humidité par une double verrière.

 

Conservation et restauration de la façade

 

Le tympan, sculpté par Henri Bouchard, évoque la vie de Saint Pierre en une vingtaine de bas-reliefs, d’échelles différentes, répartis sur huit registres de chaque côté du tympan. Des textes en français avec leurs références bibliques sont incorporés, dont le rôle est autant explicatif que décoratif. Les haut-reliefs sont construits en forte saillie par rapport au fond auquel ils restent totalement attachés.

 

La façade sculptée est un appareillage de calcaire de Saint-Maximin (Oise), une qualité de calcaire demi-ferme fin qui a été employé pour la sculpture.

L’artiste a dans un premier temps effectué un travail de modelage à la terre, maquette de travail au 1/10e.

Les reliefs ont ensuite été modelés à l’échelle 1 en terre puis moulés en plâtre.

Les plâtres ont permis la taille de la pierre grâce à la technique de la mise au point.

 

Noirci et dégradé du fait de la pollution et du temps, ce tympan n’a jamais été restauré depuis la fin de la construction de l’église Saint-Pierre de Chaillot en 1938. Les constats faits en 2007, pendant l’étude préalable sont les suivants :

 

  • Dissolutions des surfaces et sulfo-calcins : La pluie est à l’origine de l’érosion des surfaces exposées qui apparaissent très blanches. Elles contrastent avec des zones très noires sur lesquelles se sont déposés des sulfo-calcins, combinaison de résidus de dissolution et de suies atmosphériques.

 

Présence de sulfo-calcins sur la pierre

© Hélène Dreyfus

 

  • Présence de micro-organismes (algues, lichen, etc).

 

  • Fissuration et dégradation des joints.

 

Joint dégradé

© Hélène Dreyfus

 

Les restaurateurs auront recours à un traitement biocide, ils pulvériseront une solution de chlorure de benzalkonium afin d’éliminer les micro-organismes. Puis ils utiliseront la méthode du micro-sablage, qui consiste à projeter un abrasif à basse pression et à sec. Et enfin, ils procéderont au rejointoiement en posant un mortier chaux/sable entre les blocs lorsque l’ancien mortier est fissuré.

 

Estimations budgétaires des projets de restauration 

 

Les restaurations des trois verrières Mauméjean et du tympan sont estimées à 235 000 € au total.

Grâce aux dons et à la Ville de Paris, deux verrières vont être restaurées au printemps 2021. La troisième verrière doit être financée par le mécénat. Le coût supplémentaire est de 25 000 € si elle est restaurée en même temps que les autres. La rénover plus tard occasionnerait en effet des coûts onéreux de repose d’échafaudages.

Le coût de restauration du tympan s’élève à 47 000 €, à financer par le mécénat, sans compter les frais d’échafaudages pris en charge par la Ville de Paris. Les travaux peuvent être programmés en 2021.

 

Il nous reste à collecter la somme de :

  • 53 000 € pour financer la dernière verrière et le tympan,
  • ou 28 000 € pour financer seulement le tympan.

Plus tôt cette somme sera réunie, plus tôt les travaux pourront débuter.

 

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Un grand merci à la Ville de Paris, et plus particulièrement à

  • Stéphane Allavena, conservateur en chef du patrimoine à la COARC,
  • Hélène Dreyfus, restauratrice de sculptures,
  • Emma Isingrini-Groult, restauratrice de vitraux,

de leur disponibilité et implication dans ces projets.

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#Saint-Pierre de Chaillot #Sculptures #Vitraux