Restauration de la chapelle Saint-Séverin de l'église Saint-Séverin

Publié le 16 novembre 2022

Depuis 2017, grâce à la générosité des mécènes et des donateurs de la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris, plus de 630 000€ ont été engagés pour la sauvegarde de trois des chapelles de l'église Saint-Séverin (6e). Aujourd'hui, c’est la chapelle Saint-Séverin qui a besoin d'être restaurée.

Restauration de la chapelle Saint-Séverin de l'église Saint-Séverin
© Ville de Paris - COARC / Jean-Marc Moser

Après la sauvegarde  des chapelles Mansart, Sainte-Geneviève et Saint-Jean, la restauration de la chapelle Saint-Séverin a démarré en octobre 2022 grâce à un premier mécénat. Pour financer le reste du chantier qui devrait s’achever au printemps 2023, la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris et la paroisse Saint-Séverin lancent une campagne d'appel à don.

Église Saint-Séverin,  joyau du Quartier latin

Saint-Séverin

© Diocèse de Paris / Quitterie de Font-Réaulx

L’église Saint-Séverin est un joyau de l’architecture de style gothique flamboyant édifié entre les XIIIe et XVe siècles. C’est l’une des plus anciennes églises de Paris, qui se situe en plein cœur du Quartier latin.  

Au XIXe siècle, des archéologues ont trouvé des sarcophages mérovingiens, vestiges d’un ancien cimetière (ce qui laisse supposer la présence d’une chapelle remontant au haut Moyen-Âge). 

Après plusieurs incendies au cours  de la guerre de Cent Ans, l'église est agrandie et reconstruite en pur style gothique flamboyant, avec dans le déambulatoire, la fameuse « forêt de palmiers » et le « pilier tors ».

L’un des atouts artistiques de Saint-Séverin est ce panorama de l’art du vitrail, allant des représentations du Moyen-Âge à l’abstraction contemporaine.

 

La chapelle Saint-Séverin

Les peintures murales

St-Sev, St-Sev

Peinture à l'huile, vers 1850, préparant les peintures murales de la chapelle Saint-Séverin, Musée du Petit Palais, PPP4544.

Autour du double déambulatoire de l’église Saint-Séverin s’ouvre une couronne de chapelles construites entre 1495 et 1515.

La réalisation des peintures murales de la chapelle des deux saints Séverin est confiée à Sébastien Cornu (1804-1870), qu’il peindra en entre 1850 et 1855.

Formé à l’école supérieur des beaux-arts de Lyon, où il rencontre Hippolyte Flandrin, Sébastien Cornu gagne Paris en 1826 pour devenir l’élève d'Ingres.

Une des peintures murales représente saint Séverin, abbé d’Agaune en Suisse, qui sauva Clovis (à gauche).

L’autre représente saint Séverin, l’ermite parisien, donnant son habit à Saint Cloud (à droite). Le Musée du Petit Palais conserve l’esquisse ci-dessus réalisée par Cornu, avant de peindre la chapelle. Elle permet d’envisager le résultat de la restauration.

 

Des vitraux contemporains

En 1964, le curé de la paroisse propose à Jean Bazaine (1904-2001) de concevoir huit vitraux pour le déambulatoire. Représentant les sept sacrements avec des correspondances colorées, ils sont exécutés entre 1965 et 1969.

Bazaine, figure majeure de l’École de Paris, a réalisé d’importantes compositions monumentales qui relèvent principalement de l’art sacré. Sa peinture est abstraite, les couleurs sont réfléchies, et ont une place importante et symbolique dans ses créations.

En 1937, il découvre l’art du vitrail avec Jacques Villon. Il accompagne ses vitraux de texte (citations dans des cartels aux murs) car il ne souhaitait pas que son art soit vu comme
« ésotérique ». 

© Ville de Paris - COARC / Jean-Marc Moser

 

La restauration

Le chantier, conduit par la Ville de Paris et suivi par le service des monuments historiques de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, a débuté en octobre 2022 et s’achèvera au printemps 2023.

 

Deux échafaudages ont été montés : l’un à l’intérieur, dans la chapelle, l’autre à l’extérieur, dans le cloître. Comme dans toute église parisienne proche de la Seine, les murs ont des remontées d’eau par capillarité. Lors de cette restauration, les murs intérieurs retrouveront leur clarté, les vitraux de Jean Bazaine et la clôture seront nettoyés, et le plancher poncé et ciré. Un nouvel éclairage sera également installé afin de valoriser la redécouverte de ces peintures, aujourd’hui complétement noires. 

L’étude préalable laisse penser que la peinture utilisée pour les peintures murales était à la cire. Des prélèvements ont été effectués afin d’analyser la composition de la peinture utilisée par Cornu. Des infiltrations ont abîmé les peintures dès le XIXe siècle : écaillement voire décollement de la surface picturale. Cependant, ils n’ont identifié aucune perte de matière importante et irrémédiable.  Les restaurateurs ont remarqué la présence d’une crasse très épaisse camouflant les peintures murales. Ainsi, ils nettoieront les peintures, refixeront les morceaux qui se décollent et repeindront les motifs décoratifs.

© COARC, Ville de Paris / Jean-Marc Moser

 

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